RDC : réformes foncières, conservation et droits des peuples autochtones au centre d’un dialogue multipartite à Kinshasa

RDC : réformes foncières, conservation et droits des peuples autochtones au centre d’un dialogue multipartite à Kinshasa

Kinshasa — Des organisations représentant les peuples autochtones, des acteurs de la société civile, des représentants de l’administration publique ainsi que des partenaires techniques et financiers se sont réunis à Kinshasa dans le cadre d’un dialogue multipartite consacré aux réformes foncière, forestière, de conservation et d’aménagement du territoire en République démocratique du Congo.

L’atelier, organisé par l’ONG APEM et Forest Peoples Programme (FPP), visait à réfléchir aux conditions permettant de renforcer les droits des peuples autochtones et des communautés locales dans les réformes actuellement en cours.

Les échanges ont porté notamment sur la mise en œuvre de la nouvelle loi foncière de décembre 2025, les réformes liées aux forêts, à la conservation de la nature, à l’aménagement du territoire ainsi qu’aux mécanismes de consultation et de consentement libre, informé et préalable (CLIP). Plusieurs participants ont souligné que ces réformes ouvrent des opportunités importantes, mais qu’elles risquent également d’aggraver les conflits fonciers, les chevauchements institutionnels et l’insécurité juridique si les garanties relatives aux droits coutumiers, à la participation et à la réparation ne sont pas clairement assurées.

Les discussions ont également insisté sur les implications du dossier du Parc national de Kahuzi-Biega et sur la nécessité de mieux intégrer les principes de réparation, de reconnaissance territoriale et de cogestion dans les politiques de conservation. Plus largement, les participants ont plaidé pour une meilleure articulation entre politiques foncières, forestières, minières et environnementales afin d’éviter que les contradictions entre cadres juridiques ne continuent d’alimenter les tensions autour des terres et des ressources naturelles. Ce dialogue relance ainsi les débats sur les liens entre conservation, justice environnementale, gouvernance territoriale et droits des peuples autochtones dans un contexte marqué par l’accélération des réformes foncières et environnementales en RDC.